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                                                    VŒUX 2012 Figanieres 21 janvier 2012.

 




En m’associant aux remerciements personnalisés du maire de Figanières, à mon tour de vous remercier de votre amicale présence en cette fin d’après midi, de remercier tout particulièrement celles et ceux qui, en mars dernier, m’ont renouvelé leur confiance dès le premier tour des élections cantonales, seul cas dans le Var.
Comme le veut notre tradition, sans entrer dans des détails que vous trouverez dans le prochain Espace civique, retour sur l’action du Département dans notre canton en 2011, assorti de quelques considérations plus générales sur 2012. Non sans avoir, au préalable, une pensée pour ceux qui, hier encore, sont tombés sous nos couleurs, une pensée pour leurs proches. En dire plus en cet instant et en ce lieu serait malséant.

En 2012 donc, l’aide financière aux communes du canton s’est globalement élevée, investissement et fonctionnement confondus à 1,5 M€ contre 2,1 M€ en 2010 et 3,2 M€ en 2008, avant crise et réforme des finances locales.
On ne peut donc dire que le niveau de l’aide financière du CG aux communes s’est globalement maintenu ces dernières années.
Les subventions d’investissement particulièrement, ont baissé, dans le canton, quasiment de moitié par rapport à 2010 et plus encore par rapport à 2008 :
817 000€ pour l’ensemble des communes l’année dernière, contre 1 563 000€ en 2010 (- 48%) et 2 235 000€ en 2008 (- 63,5%).
Figanières mis à part qui a reçu une aide spécifique « inondations » pour d’importants travaux dans la galerie sous la rue centrale, le plafond de 120 000€ par commune pour celles de 1000 à 3500 habitants et de 100 000€, dotation spéciale petites communes comprise, pour celles de moins de 1000 habitants, n’a pas été dépassé.
Les choses ne s’amélioreront pas en 2012, le projet de BP prévoyant une baisse de l’aide aux communes, toutes politiques confondues, de 11,5 M€ dont 5,5 M€ pour le volet territoire.
Ces aides globalisées et réparties par territoires continueront à comprendre une enveloppe plafonnée au même niveau qu’en 2011 pour les communes de moins de 3500 habitants.

Si les contraintes financières du Var sont aujourd’hui bien réelles on aurait pu s’apercevoir un peu plus tôt qu’elles sont le produit d’une politique, politique supportée jusque là sans mot dire. «S’affliger des conséquences tout en s’accommodant des causes», selon la formule de Bossuet, a ses limites.

En 2011, par contre, le montant des droits de mutation reversés aux communes du canton a augmenté de 31,6% par rapport à 2010. Les chiffres nationaux laissent supposer que la progression se poursuivra cette année.
On en aura bien besoin. La loi de finances pour 2012 ayant gelé les dotations aux collectivités, autant dire qu’elles baisseront en euro constant.
Et, pour faire bonne mesure, Nicolas Sarkozy a déjà annoncé qu’il réunirait en février les associations d’élus locaux pour mieux les faire participer à l’effort national de maîtrise des dépenses. De la joie en perspectives.
Autre innovation de la loi de finances, le Fonds de Péréquation des Ressources communales et  Intercommunales. S’il procède d’une excellente intention, cette nouvelle usine à gaz pourrait réserver quelques surprises. 
Si les simulations dont on dispose donnent à penser que les effets du fonds sur la CAD et ses communes seront nuls: elles ne sont ni contributrices ni bénéficiaires, il en ira différemment pour d’autres collectivités varoises, particulièrement pour les communes isolées. Ainsi TPM recevra 2 M€, soit 4,5€ par habitant alors que Vérignon (28 habitants DGF) sera taxé de 419€, soit 15€ par habitant. Les pièces jaunes des petites communes rurales au secours des métropoles, quel exemple de solidarité et de péréquation ! 

Après les mauvaises nouvelles, les bonnes.

En 2011 l’aide du Conseil général aux associations du canton s’est maintenue quasiment au niveau de 2010 : 109 000€ avec un effort tout particulier pour la manifestation phare du canton, les journées équestres de Montferrat (45 000€).
Le collège cantonal a reçu plus de 250 000€ de subventions, ce qui représente autant d’économisé pour l’Etat. En 2012, une enveloppe de 34 M€ est prévue pour les collèges en investissement et de quelque 20 M€ en fonctionnement. L’environnement numérique de travail sera développé dans 23 collèges, dont Jean Cavaillès.
Celui-ci bénéficiera encore cette année de la résidence des compagnies théâtrales des « quatre vents » et « hors champ », subventionnées par la Commission culture dont le président est avec nous ce soir, Commission qui finance aussi la tournée de l’Opéra de Toulon dont nous avons bénéficié l’été dernier.

Bilan très positif aussi s’agissant des routes : 1,5 M€ de travaux réalisés en 2011 contre 345 000€ en 2010, le chantier le plus important ayant été le rond point des quatre chemins de Figanières. Prochainement paysagé avec la participation généreuse de Michel Artaud, comme l’a dit le maire, il sera prochainement inauguré. Une belle réussite.

Ce qui me donne l’occasion de remercier Alain Pruvost, Marc Hébreard son second, pour leur ouverture d’esprit et le plaisir que l’on trouve à travailler avec eux. Pour eux, il y a toujours une solution.
De remercier Jean Pierre Camilleri, avant qu’il ne prenne une retraite méritée, pour sa disponibilité et sa compréhension.

Au fil des années, beaucoup a été fait sur les routes du canton mais, catastrophes naturelles aidant, beaucoup, encore plus serais-je tenté de dire, reste à faire.
Pour l’heure, 2,36 M€ de travaux devraient être réalisés dans le canton en 2012, soit 9 opérations dont deux importantes:
- Une première tranche de renforcement de la RD 54 à partir des quatre chemins de Figanières
- La réfection du boulevard des poilus à Callas, à l’occasion de la réfection des réseaux par la commune, à partir de septembre si j’ai bien entendu ce qu’a dit madame Barre lors de la présentation de ses vœux.
9 études ou dossiers de réalisation devraient être lancés ou finalisés, en liaison avec les travaux 2012 ou ultérieurs :
-  réalisation d’un créneau de dépassement à partir du nouveau rond point de Figanières en direction de la Motte ainsi qu’au nord de Montferrat en direction de Canjuers
- carrefour giratoire R54/R955/R51 à Châteaudouble.

Le dossier le plus important concerne, évidemment, la route des gorges de Châteaudouble coupée depuis juin 2010. Sous la présidence de Madame la Préfète une réunion des services de l’Etat et du Département en charge du dossier, des maires et conseillers généraux concernés a eu lieu hier. Le préalable à toute décision étant de disposer de l’ensemble des données géotechniques et financières susceptibles de l’éclairer, une étude sera lancée. Elle portera non seulement sur les zones d’effondrement et leur traitement mais sur l’ensemble des gorges et l’ensemble des risques. Les éventuels conflits juridiques et administratifs, tels ceux liés à l’application de la loi sur l’eau, seront déminés. Un comité de suivi sera mis en place, les résultats de l’étude étant attendus pour la fin de l’année.
C’est sur la base de cette étude que pourra être prise la décision finale et le calendrier de sa mise en oeuvre.
La première chose pour espérer apporter une réponse à un problème aussi complexe était de le prendre par le bon bout. Je pense que c’est désormais le cas et que nous disposons enfin d’une feuille de route réaliste.
 
Les pluies torrentielles de novembre 2011, si elles n’ont pas fait, dans notre canton et en Dracénie, des dégâts aussi importants qu’en 2010 montrent bien que le rétablissement de la R955 n’est qu’une partie d’un problème plus vaste, celui de l’aménagement de la Nartuby qui passe par l’établissement et la mise en œuvre du Plan d’Aménagement de Protection des Inondations dont le Conseil général a accepté d’assumer le pilotage.

Dernière information : à ma demande et en accord avec François Trucy, le Sénat vient de décider mardi, la création, sur le modèle de ce qui a été fait après Xynthia, d’une « mission commune d’information sur les inondations qui se sont produite dans le Var et plus largement dans le sud est de la France au mois de novembre 2011 ». Le but est d’avoir une vision complète de l’étendue des dégâts en 2011 mais aussi en 2010, de ce qui a été fait et de ce qui reste à faire pour y porter remède, des causes des évènements calamiteux, de leur caractère répétitif, des moyens à mettre en œuvre pour y remédier et de porter au niveau national nos préoccupations essentielles.

Presque sans nous en apercevoir, en 2011, nous avons échappé à une autre catastrophe, administrative celle-là : la transformation de notre intercommunalité volontaire à 16 en intercommunalité imposée à 39. Au terme d’une année de péripéties parfois aux limites du burlesque, le bon sens a fini par triompher. La CAD à 19 qui se profile à l’horizon, non seulement ne pose pas de problème mais nous enrichira mutuellement. Avoir pu présenter un front commun des élus de la communauté autour de son président n’y est certainement pas pour rien.

 Du local, « sans transition » comme disait une marionnette célèbre, passons à l’état de l’Union.
Tout    va    bien !
Plus exactement, ça va infiniment mieux que si ça allait plus mal.
Certes Standard & Poor's vient de nous scier une pate au triple A  mais toutes les agences de notation ne l’on pas fait. Enfin pas encore.
Revêtu de la toison d’or, Nicolas Sarkozy l’a dit à Madrid : « Sur le fond des choses, ça ne change rien ». .
L’essentiel est d’affronter la situation « avec sang-froid et calme ». Pas comme ces agités qui prétendent que serrer la ceinture des français et freiner la croissance n’était pas une bonne idée puisqu’on a quand même perdu notre triple A, notre « trésor national selon Alain Minc, le célèbre économiste pour les nuls. 
Quant à la situation de l’emploi, elle est meilleure en France qu’en Espagne, en Grèce et en Lituanie. 
Certes, 1 178 000 demandeurs d’emploi, toutes catégories confondues, de plus depuis le début du quinquennat, cela peut paraître beaucoup. Mais avec la  TVA « sociale » et la suppression de ce qui reste des 35h on n’en parlera plus en février/mars.
Certes, on aurait pu y penser avant, mais, comme dit Joseph Prudhomme, quand on n’a plus de munitions, « La stratégie consiste à continuer à tirer pour faire croire à l'ennemi qu'on (en) a  encore »,

Tout irai donc pour le mieux, n’était l’Europe, l’Europe qui censée unir les peuples s’est transformée en champ clos du chacun pour soit, au point d’oublier ce qu’elle doit à la Grèce: la démocratie, la science, la philosophie, la liberté de penser par soi-même, en un mot, sa civilisation.
Avec en sus cet art des anciens grecs de ruser avec les dieux et le destin qui nous serait aujourd’hui bien utile.
Par exemple, les Grecs ont inventé la Pythie, oracle du dieu Apollon comme aujourd’hui les agences de notations sont les oracles des marchés. Les deux aussi ambigus et intéressés dans leurs réponses aux interrogations sur l’avenir. Exemple.
Menacée par les Perses, Athènes envoie une délégation interroger l’oracle de Delphes sur la conduite à tenir : faut-il rester à Athènes et défendre la ville ou l’abandonner pour résister sur la mer ?
« Athènes sera sauvée par une muraille de bois. » vaticine la Pythie. Thémistocle convainc ses concitoyens que les bateaux de la cité sont ce rempart de bois et la victoire navale de Salamine sauve Athènes et la Grèce.

L’année 2012 ouvrant un océan d’incertitudes, fort de cet exemple, j’ai voulu interroger  l’oracle d’Apollon sur la meilleure conduite à tenir. Mais comment joindre la Pythie depuis la vente du siège de Delphes à un tour opérateur allemand dans le cadre du plan de réduction du déficit grec ? Vous avez trouvé : par Google, évidemment !
Trois clics et la réponse que je vous livre : « On sait ce qu’on a, on ne sait pas ce qu’on aura ».
Comme Thémistocle, j’ai pris cette réponse pour une invitation à aller voir plus loin que ce que l’on a.
Souvenir de récitations anciennes probablement, tel Antoine perdu dans les yeux  de Cléopâtre à la veille de la bataille navale qui scella leur destin, m’apparu alors « toute une mer immense où fuyaient des galères »
Regardant fuir les galères, je vous souhaite, je nous souhaite bonne mer en 2012 et bonne navigation aux courageux marins qui se risqueront vers de nouveaux rivages.


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