Depuis plusieurs années, les maires ruraux du Var attiraient l’attention des Pouvoirs publics sur les dysfonctionnements de la permanence des soins et des transports sanitaires d’urgence dans la partie rurale du département. Sans résultat jusqu’au mois de mai 2009, où le positionnement « à titre expérimental » d’un hélicoptère de la sécurité civile, d’abord de type « écureuil », puis « EC145 », médicalisé en centre Var (Le Cannet des Maures) a représenté, avec une moyenne de deux interventions par jour, une amélioration très sensible de la situation.
Satisfaits de cette solution parfaitement adaptée au transport des accidentés graves et des personnes nécessitant une intervention médicale d’urgence, l’Assemblée générale de RIANS, le 3 octobre 2009, a voté une motion unanime demandant au Ministre de l’Intérieur, de l’Outre-mer et des Collectivités locales la pérennisation de la présence de cet hélicoptère « EC 145 » au Cannet des Maures et à terme, l’installation d’une véritable base de sécurité civile en centre Var.
La réponse à cette motion tardant à venir, j’ai interrogé, un mois plus tard, le Ministre de l’Intérieur sur ses intentions, à l’occasion d’une séance de questions orales au Sénat.
Et c’est, Madame PANCHARD, Secrétaire d’Etat à l’Outre-mer qui m’a répondu !
Répondu deux choses :
Que « L'implantation d'un hélicoptère de la sécurité civile sur la base du Luc [entraînant] des charges techniques et opérationnelles importantes (…) son maintien sur place ne sera décidé que si les perspectives de l'activité automnale et hivernale de l'appareil en justifient la nécessité. En effet, on a pu constater, depuis le mois de septembre, une forte diminution de l'activité de secours, qui se limite à une mission par jour…
Il est (donc) nécessaire de mener une étude approfondie avant de prendre une décision définitive. »
Que « la base du Luc appartient à l'armée de terre, qui doit procéder, à partir de mars 2010, pour ses propres besoins, à d'importants travaux d'infrastructures. La pérennisation de l'implantation d'un hélicoptère de la sécurité civile sur cette base suppose donc l'engagement d'une opération immobilière d'ampleur. »
En un mot, rien n’est acquis : la décision de maintenir définitivement un hélicoptère de la sécurité civile en centre Var n’est pas prise. Elle dépendra tout à la fois des résultats de l’étude en cours quant à son activité potentielle en période automnale et hivernale et de la réalisation d’une opération immobilière d’ampleur sur le site.
Son de cloche bien différent du côté du Préfet du Var, annonçant à l’Assemblée générale de l’AMV, à Vins, quatre jours plus tard, sous les bravos, que les élus avaient obtenu satisfaction. Confirmation dans la presse le 18 novembre 2009, à l’occasion d’un déplacement à l’EA-ALAT :
Var Matin titre : « L’hélicoptère de secours Dragon 83 officiellement pérennisé dans le haut Var ».
« Il semble que le message ne soit pas passé, alors je le redis : le Var conservera son Dragon au terme de la seconde phase d’expérimentation qui s’achèvera fin février 2010… En toute logique, l’essai est transformé. » commente le Préfet.
La Marseillaise titre : « Le Dragon 83, hélicoptère médicalisé de la sécurité civile sera maintenu à l’issue de l’expérimentation actuellement en cours »
Commentaire : « Je vous confirme donc le maintien d’un hélicoptère de la sécurité civile sur le territoire à l’issue de cette phase obligatoire d’expérimentation. »
Que l’hélicoptère soit maintenu au-delà de février 2010, personne n’en doute, car on approchera de la période dangereuse en matière d’incendies de forêt. De plus, avec les beaux jours, les VIP se feront plus nombreux et on n’est jamais trop prudent.
Restent quatre questions pour lesquelles on aimerait avoir des assurances :
- Est-ce que la présence d’un hélicoptère de la sécurité civile affecté, entre autre, au secours sanitaires d’urgence, sera maintenue en centre Var, non seulement au-delà de février 2010, mais de la période estivale 2010 ?
- Dans le cas où la réponse est positive, cette présence est-elle acquise définitivement ou pourra-t-elle seulement être reconduite selon les nécessités, à titre précaire ?
- Toujours dans l’hypothèse d’une réponse positive, l’appareil sera-t-il de type « écureuil » ou « EC 145 », ce modèle permettant d’emporter outre le médecin, un infirmier ?
- Est-il envisagé, et dans quels délais, de réaliser l’opération immobilière permettant d’accueillir ce qui pour les élus varois s’apparenterait à un « SMUR aérien » ?
Ces quatre questions viennent d’être posées au Ministre de l’Intérieur par courrier.
On attend la réponse, espérant ne pas avoir à déranger de nouveau, Madame la Secrétaire d’Etat chargée de l’Outre Mer, pour avoir confirmation que la présence d’un hélicoptère EC 145 de la sécurité civile en centre Var, est définitivement acquise, autrement dit que « l’essai est transformé » et que l’appareil ne se dirige pas vers le triangle des Bermudes.
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